Calvitie au vertex : comment stopper et traiter la chute ?
C’est souvent le coiffeur ou une photo prise de dos qui vous l’apprend : le sommet de votre crâne se dégarnit. La calvitie du vertex, cette tonsure qui s’installe en cercle au sommet de la tête, a la particularité d’être invisible pour celui qui la porte, et très visible pour les autres.
Bonne nouvelle : c’est aussi la zone du crâne qui répond le mieux aux traitements. Voici tout ce qu’il faut savoir sur son évolution, les solutions médicales qui fonctionnent vraiment et ce qu’implique une greffe à cet endroit précis.
La calvitie du vertex (la tonsure au sommet du crâne) présente un paradoxe intéressant : c’est la zone qui se dégarnit le plus facilement sous l’effet de la DHT, mais aussi celle qui répond le mieux aux traitements médicaux. D’où une règle simple : traiter tôt, greffer ensuite si nécessaire.
Qu’est-ce que la calvitie du vertex ?

Le vertex, aussi appelé couronne ou sommet du crâne, désigne la zone circulaire située au-dessus de l’arrière de la tête, autour du tourbillon naturel (le whorl). Il se distingue de la ligne frontale et des golfes temporaux, qui forment l’autre grand front de la calvitie masculine.
La calvitie du vertex correspond à une alopécie androgénétique touchant spécifiquement cette zone. Elle apparaît souvent après les premiers signes frontaux, mais peut aussi être le tout premier signe visible : c’est le fameux stade « Norwood III vertex ». Elle s’étend ensuite en cercle autour du tourbillon, avant de finir par rejoindre la zone frontale dégarnie aux stades avancés. Pour situer votre propre évolution, notre article sur l’âge de stabilisation de la calvitie apporte un éclairage utile.
Pourquoi le vertex se dégarnit-il ? Le rôle de la DHT
Le mécanisme est le même que pour le reste de la calvitie masculine : chez les hommes génétiquement prédisposés, la DHT (dihydrotestostérone) provoque une miniaturisation progressive des follicules sensibles. Les cheveux deviennent plus fins, plus courts, puis cessent de repousser.
Mais le vertex présente deux particularités qui changent tout dans la stratégie à adopter. D’abord, ses follicules sont particulièrement sensibles à la DHT, d’où un dégarnissement rapide. Ensuite, et c’est le point clé, ils sont moins fibrosés que ceux de la ligne frontale : autrement dit, ils restent plus longtemps récupérables, ce qui les rend nettement plus réceptifs aux traitements médicaux.
Une troisième particularité concerne cette fois la chirurgie : la zone est moins bien vascularisée que le front, ce qui ne compromet pas la prise des greffons mais ralentit la maturation du résultat.
Les traitements médicaux : la zone où ils marchent le mieux

C’est le message principal de cet article : si vous découvrez une tonsure naissante, les traitements médicaux méritent d’être essayés sérieusement avant toute chirurgie.
Le finastéride (1 mg par jour) est le médicament de référence. Il stabilise ou arrête la chute chez environ 83 % des hommes, avec une repousse visible chez environ deux tiers d’entre eux. Fait notable : l’étude de référence sur le finastéride a justement été menée sur des hommes présentant une calvitie du vertex, et c’est bien là que la repousse est la plus nette, la ligne frontale répondant moins bien.
Le minoxidil 5 % (en application locale) apporte de son côté une repousse significative au vertex chez 40 à 60 % des hommes, avec un effet maximal entre 6 et 12 mois. Là encore, la couronne répond mieux que le front.
L’association des deux donne des gains de densité supérieurs à chaque molécule prise isolément. C’est pourquoi la combinaison finastéride + minoxidil est souvent recommandée en première intention sur un vertex débutant.
Une limite essentielle à garder en tête : ces traitements ne recréent pas de follicules détruits. Ils agissent tant que le follicule est miniaturisé mais encore vivant. Sur une zone totalement glabre depuis des années, seule une greffe peut restaurer une couverture.
Combien de greffons faut-il pour le vertex ?
Si la greffe devient l’option retenue, la première question est celle du volume. Le vertex étant une surface large, il est gourmand en greffons. Voici les fourchettes généralement constatées selon le stade :
| Stade | Aspect du vertex | Greffons (vertex seul) | Stratégie conseillée |
|---|---|---|---|
| Norwood III vertex | Tonsure naissante | 800 à 2 000 | Traitement médical en première intention |
| Norwood IV | Tonsure nette, front qui recule | 1 200 à 2 500 | Traitement, greffe possible selon la gêne |
| Norwood V | Vertex étendu (50 à 70 cm²) | 2 400 à 3 800 | Greffe + traitement pour protéger les natifs |
| Norwood VI et VII | Vertex et front connectés | 3 800 à 5 200 | Plan global 5 000 à 6 500 greffons, en 1 à 2 séances |
Le calcul se fait simplement : surface à couvrir (en cm²) × densité cible (greffons/cm²). Un vertex de 40 cm² visé à 30 greffons/cm² demande donc environ 1 200 greffons. Pour approfondir ce point, consultez notre article dédié au nombre de greffons pour le vertex.
À noter : les chirurgiens visent volontairement une densité plus basse au vertex qu’en frontal, généralement 25 à 35 greffons/cm² contre 40 à 50 sur la ligne frontale. Ce n’est pas de l’économie mal placée : le tourbillon et le jeu de lumière permettent de masquer le cuir chevelu avec moins de greffons, ce qui préserve votre capital donneur pour les zones plus visibles de face.
Greffer le vertex : les difficultés propres à cette zone
Techniquement, le vertex est considéré comme l’une des zones les plus délicates à greffer, pour trois raisons :
- Le tourbillon. Il faut reconstruire le motif en spirale et orienter chaque incision dans le sens naturel de la pousse. Un tourbillon mal reproduit donne un rendu immédiatement artificiel.
- La vascularisation. Moins riche qu’au front, elle n’empêche pas la prise des greffons mais ralentit la maturation du résultat.
- La surface. Aux stades avancés, le vertex consomme une part énorme du capital donneur, ce qui impose des arbitrages.
C’est pour cela que le choix de la technique et surtout du chirurgien compte particulièrement ici. Les techniques FUE et DHI sont toutes deux utilisables, l’essentiel étant la maîtrise de l’angulation.
Combien de temps pour voir le résultat au vertex ?
C’est un point qui déstabilise beaucoup de patients : le vertex repousse plus lentement que le front, avec 2 à 3 mois de décalage. Voici le calendrier typique :
| Délai après la greffe | Ce qui se passe au vertex |
|---|---|
| 2 à 8 semaines | Chute des cheveux greffés (shock loss) : la tonsure peut paraître plus nue qu’avant |
| 3 à 4 mois | Premiers cheveux fins et irréguliers, la couverture commence à se reconstruire |
| 6 à 9 mois | Vertex nettement plus fourni : 30 à 50 % de la densité finale, encore en progression |
| 12 à 18 mois | Résultat final : densité stabilisée, tiges épaissies, spirale bien reconstituée |
Autrement dit, là où une ligne frontale peut être quasiment aboutie à 8-12 mois, un vertex ne se juge sérieusement qu’à 12, voire 18 mois. C’est long, mais le résultat obtenu est ensuite durable dans le temps.
Traitement ou greffe : que faire selon votre stade ?
Voici comment raisonner concrètement, selon l’avancement de votre tonsure.
Au stade Norwood III vertex (tonsure naissante), la priorité va clairement au traitement médical. Finastéride et minoxidil ont ici leurs meilleures performances, et six à douze mois d’essai sérieux permettent souvent de stabiliser, voire de densifier, sans passer par la chirurgie. Une greffe reste possible, mais elle peut souvent attendre.
Aux stades Norwood IV et V (tonsure moyenne à large), la greffe devient pertinente si la gêne est réelle. Mais elle doit impérativement s’accompagner d’un traitement médical, afin de protéger les cheveux natifs situés autour des greffons et d’éviter un effet « îlot » quelques années plus tard.
Aux stades Norwood VI et VII (vertex et front connectés), on entre dans une logique de plan global, souvent en plusieurs séances. La stratégie habituelle consiste à prioriser le front et le milieu du crâne, plus visibles de face, à accorder au vertex une densité volontairement modérée, et à utiliser la médecine pour préserver le plus longtemps possible ce qui reste.
Pour savoir où vous en êtes vraiment et combien de greffons seraient nécessaires dans votre cas, mieux vaut un avis personnalisé. Notre diagnostic capillaire gratuit vous aide à faire ce point en quelques minutes, sans engagement.
Cet article est rédigé à visée informative et ne remplace pas un avis médical. Le finastéride et le minoxidil sont des traitements avec leurs indications et effets indésirables : leur prescription relève d’un médecin.

