Breezula : que vaut ce nouveau traitement contre la calvitie ?
« Jusqu’à 539 % d’amélioration » : depuis l’annonce des résultats de phase III, Breezula s’est imposé comme l’un des traitements les plus attendus contre la calvitie masculine. Un nouveau mécanisme, le premier depuis plus de trente ans selon son fabricant, et des chiffres qui font rêver.
Mais que disent réellement les essais ? Quand sera-t-il disponible, à quel prix, et faut-il se méfier des offres déjà présentes sur Internet ? Voici ce que l’on sait de façon vérifiable, et ce qui reste encore à prouver.
Breezula est une solution de clascotérone à 5 %, un antiandrogène à appliquer sur le cuir chevelu contre la calvitie masculine. Les résultats de phase III sont positifs, mais leur ampleur réelle reste difficile à juger, et le traitement n’est autorisé nulle part à ce jour.
Qu’est-ce que Breezula ?

Breezula est le nom de développement d’une solution de clascotérone à 5 %, développée par le laboratoire Cosmo Pharmaceuticals contre l’alopécie androgénétique masculine, la calvitie d’origine génétique. La clascotérone est aussi connue sous les noms de cortexolone 17α-propionate ou CB-03-01.
Il s’agit d’un antiandrogène topique : il s’applique sur le cuir chevelu et cherche à bloquer localement l’action des androgènes sur le follicule, sans réduire la production de DHT dans tout l’organisme.
Une confusion revient très souvent, et elle mérite d’être levée dès maintenant :
| Produit | Formulation | Indication | Statut |
|---|---|---|---|
| Breezula | Solution de clascotérone à 5 % | Calvitie masculine | Expérimental, non autorisé |
| Winlevi | Crème de clascotérone à 1 % | Acné | Autorisé aux États-Unis et dans l’UE, pour l’acné uniquement |
Acheter Winlevi pour l’appliquer sur son crâne ne revient donc pas à utiliser Breezula. En France, Winlevi relève d’ailleurs de la liste I des médicaments, n’est pas remboursé et n’était pas encore commercialisé à la date des dernières fiches officielles.
Cette confusion entre la molécule et ses différents médicaments est fréquente, et elle pousse certains hommes vers des achats risqués. Pour comprendre en détail ce qu’est la clascotérone, pourquoi la crème Winlevi ne peut pas remplacer Breezula et quels sont ses effets secondaires connus, consultez notre dossier complet sur la clascotérone contre la chute de cheveux.
Comment agit Breezula ?
Dans la calvitie masculine, les follicules génétiquement sensibles réagissent à la DHT : l’activation répétée de leur récepteur aux androgènes raccourcit la phase de croissance et produit des cheveux de plus en plus fins. C’est la miniaturisation.
Breezula intervient précisément à cet endroit. Au lieu de faire baisser la DHT, il occupe le récepteur sur lequel elle se fixe, ce qui l’empêche d’agir sur le follicule. C’est une approche différente des traitements existants :
| Traitement | Comment il agit | Où il agit |
|---|---|---|
| Finastéride | Réduit la transformation de la testostérone en DHT | Dans tout l’organisme (comprimé) |
| Minoxidil | Stimule la croissance, sans action hormonale directe | Localement, sur le cuir chevelu |
| Breezula | Bloque le récepteur sur lequel la DHT se fixe | Localement, au niveau du follicule |
L’intérêt théorique est clair : obtenir un effet antiandrogène dans le cuir chevelu, avec une exposition limitée du reste de l’organisme. « Local » ne signifie toutefois pas « zéro passage sanguin » : pour la crème Winlevi, l’agence européenne du médicament mentionne un risque théorique de passage systémique, sans effet clinique rapporté. Ces données concernent la crème à 1 % et ne permettent pas de prédire exactement la sécurité d’une solution à 5 % appliquée sur une large surface.
Ce que montrent les essais cliniques

Breezula a été évalué dans deux grandes étapes : une phase II pour trouver la bonne dose, puis deux essais de phase III pour confirmer son efficacité, suivis d’une extension à douze mois. Voici ce que chacune a montré.
La phase II : un premier signal sur plus de 400 hommes
Avant la phase III, une étude de douze mois a comparé quatre schémas de clascotérone à un placebo, chez des hommes de 18 à 55 ans. Toutes les doses actives ont significativement augmenté le nombre de cheveux non duveteux :
| Schéma testé | Gain face au placebo à 12 mois |
|---|---|
| 2,5 % deux fois par jour | +10,2 cheveux/cm² |
| 5 % deux fois par jour | +13,8 cheveux/cm² |
| 7,5 % une fois par jour | +12,7 cheveux/cm² |
| 7,5 % deux fois par jour | +14,3 cheveux/cm² |
Ces résultats montrent une activité biologique réelle, avec un gain d’environ 10 à 14 cheveux par centimètre carré. On note aussi que l’effet n’augmente pas proportionnellement à la dose, ce qui explique le choix final de la concentration à 5 %.
La phase III : le programme SCALP
Les deux études pivots, SCALP 1 et SCALP 2, ont inclus 1 465 hommes dans 51 centres aux États-Unis et en Europe. C’est, selon le fabricant, le plus vaste programme de phase III jamais mené pour un traitement local de la calvitie masculine.
Le protocole prévoyait une application de la solution à 5 % matin et soir, environ 1,5 ml déposés au compte-gouttes sur les zones dégarnies du sommet et des tempes. Les hommes inclus avaient au moins 18 ans et une calvitie légère à modérée (Norwood III vertex à V). Les patients déjà greffés et ceux ayant récemment utilisé d’autres traitements (minoxidil, finastéride, PRP…) étaient exclus.
À six mois, les deux études ont atteint leur objectif principal, une amélioration statistiquement significative du nombre de cheveux sur une zone cible. Le fabricant annonce une amélioration relative de 539 % dans un essai et de 168 % dans l’autre, avec une tolérance comparable au placebo, comme l’a rapporté la presse médicale spécialisée.
Les résultats à douze mois
En avril 2026, Cosmo a publié les résultats de l’extension à douze mois. Les patients ayant répondu au traitement ont été répartis à nouveau : certains ont continué, d’autres sont passés au placebo.
Résultat : ceux qui ont poursuivi ont continué à gagner des cheveux jusqu’au douzième mois, tandis que ceux qui ont arrêté ont perdu une partie du bénéfice. Le groupe traité en continu affichait une amélioration 2,39 fois supérieure, toujours sans effet hormonal significatif rapporté.
C’est un argument fort en faveur d’un véritable effet pharmacologique. Mais une précaution s’impose : cette seconde phase ne concernait que des répondants sélectionnés, pas l’ensemble des participants.
Que signifie vraiment « 539 % » ?
C’est le point le plus important de ce dossier, et le plus souvent mal compris. Le chiffre de 539 % ne signifie pas que les patients ont gagné cinq fois plus de cheveux. Il s’agit d’une amélioration relative, calculée par rapport au groupe placebo.
Deux autres éléments invitent à la prudence. D’abord, deux essais au protocole identique ont donné des résultats relatifs très différents, 539 % et 168 %. Ensuite, plusieurs spécialistes interrogés par la presse médicale américaine ont jugé les données moins impressionnantes que le slogan, en l’absence des valeurs absolues complètes.
Breezula est-il vraiment efficace ?
L’avis le plus rigoureux tient en une phrase : probablement actif, mais un bénéfice visible encore insuffisamment chiffré. Deux essais randomisés positifs constituent un signal bien plus solide que des témoignages ou des photos isolées.
La prudence reste néanmoins de mise, pour quatre raisons :
- Les résultats complets de phase III n’ont pas encore été publiés dans une revue scientifique à comité de lecture.
- Les gains absolus en cheveux par centimètre carré n’ont pas été rendus publics.
- Les deux essais jumeaux ont donné des ratios très différents.
- Breezula a été comparé à son excipient, jamais directement au finastéride ou au minoxidil.
On ne peut donc pas affirmer sérieusement qu’il serait « trois fois » ou « cinq fois » plus efficace que les traitements existants.
Breezula ou finastéride : lequel sera le meilleur ?
C’est la question que se posent beaucoup d’hommes, et la réponse honnête est qu’on ne le sait pas encore.
| Critère | Breezula | Finastéride |
|---|---|---|
| Forme | Solution à appliquer 2 fois par jour | Un comprimé par jour |
| Mécanisme | Bloque le récepteur de la DHT localement | Réduit la DHT dans tout l’organisme |
| Efficacité comparée | Inconnue : aucun essai face à face | Référence, recul de plus de 25 ans |
| Recul sur la sécurité | 12 mois dans les essais | Plusieurs décennies |
| Disponibilité | Non autorisé | Disponible sur ordonnance |
Breezula pourrait surtout convenir aux hommes qui refusent ou tolèrent mal le finastéride oral et souhaitent une approche antiandrogène locale. Il est aussi plausible que les dermatologues l’associent un jour au minoxidil, voire à un inhibiteur de la 5α-réductase. Mais ces associations n’ont pas été testées dans les essais pivots.
Pour quels patients ?

Le profil le plus proche des personnes étudiées est celui d’un homme adulte, avec une calvitie légère à modérée, dont les golfes ou le sommet du crâne se miniaturisent mais avec des follicules encore vivants. Pour mesurer où vous en êtes, notre article sur l’âge de stabilisation de la calvitie peut vous aider.
En revanche, les données actuelles ne permettent pas de conclure pour :
- les femmes, dont les essais antérieurs utilisaient d’autres doses ;
- les moins de 18 ans ;
- les hommes déjà greffés ;
- les calvities très avancées (Norwood VI et VII) ;
- la pelade, les alopécies cicatricielles ou les chutes liées à une carence.
Comme tout traitement médical, Breezula ne pourra pas recréer de cheveux sur une zone chauve depuis longtemps. Dans ce cas, seule une greffe de cheveux permet de restaurer une couverture.
Effets secondaires : ce que l’on sait
Selon les annonces du fabricant, la tolérance de la solution à 5 % était comparable au placebo jusqu’à douze mois, sans signal hormonal systémique significatif. Une note d’analyse a rapporté environ 5,1 % d’événements indésirables sous traitement, contre 6,1 % sous placebo. La publication détaillée devra encore préciser la fréquence de chaque réaction et les abandons.
Les effets locaux plausibles pour ce type de produit sont les rougeurs, la sécheresse, la desquamation, les démangeaisons et les picotements. Pour la crème Winlevi, ces réactions figurent parmi les plus fréquentes.
Deux raccourcis sont à éviter : affirmer que Breezula provoquerait les mêmes effets sexuels que le finastéride n’est pas étayé, mais prétendre qu’il ne peut avoir aucun effet général parce qu’il est topique serait tout aussi excessif.
Quelle est la date de sortie de Breezula ?
Cosmo prépare un dossier américain et un dossier européen, avec un dépôt auprès de la FDA prévu début 2027. Voici le calendrier vérifiable :
| Étape | Statut en octobre 2026 |
|---|---|
| Résultats de phase III à 6 mois | Annoncés en décembre 2025 |
| Résultats à 12 mois | Annoncés en avril 2026 |
| Publication scientifique complète | Annoncée, pas encore disponible |
| Dépôt du dossier aux États-Unis (FDA) | Prévu début 2027 |
| Dépôt du dossier européen | En préparation |
| Autorisation et commercialisation | Aucune date officielle |
| Disponibilité en France | Inconnue |
Une arrivée aux États-Unis fin 2027 ou en 2028 est envisageable dans un scénario optimiste, mais ce n’est ni une date annoncée, ni une garantie. Pour la France, l’horizon 2028-2029 parfois avancé reste une estimation.
Combien coûtera Breezula ?
À ce jour, aucun tarif officiel n’existe. Les estimations qui circulent, autour de 90 à 150 dollars par mois aux États-Unis, reposent sur des comparaisons avec d’autres traitements de marque, pas sur une annonce du fabricant. Il faut donc les considérer comme de simples hypothèses.
En France, le prix dépendra de l’autorisation européenne, du conditionnement retenu, du distributeur et d’une éventuelle décision de remboursement. Il est donc impossible, aujourd’hui, d’avancer un tarif fiable.
Méfiez-vous enfin des montants affichés pour des poudres « CB-03-01 » ou des lotions artisanales : ils ne préfigurent en rien le prix du futur médicament, puisqu’il s’agit de produits différents, sans garantie de qualité.
Où acheter Breezula ?

La réponse est simple : nulle part, légalement. Il n’existe aucune pharmacie, aucun distributeur agréé ni aucun site officiel proposant la solution à 5 %.
Les produits vendus sous les noms « Breezula générique », « CB-03-01 research chemical » ou « clascotérone 5 % » ne sont pas le médicament issu des essais. Leur composition, leur concentration, leur stabilité et l’absence de contaminants ne sont garanties d’aucune façon. Des témoignages évoquent des effets indésirables avec des solutions artisanales fortement dosées, sans qu’on puisse même vérifier leur contenu.
Notre conseil est donc clair : n’achetez rien en ligne. Si votre calvitie progresse, les traitements autorisés existent déjà et peuvent être prescrits dès aujourd’hui par un médecin.
Notre avis sur Breezula
Breezula fait partie, avec d’autres molécules en développement, des pistes qui pourraient renouveler le traitement de la calvitie dans les prochaines années. Nous suivons de près le PP405, qui cherche à réactiver les cellules souches du follicule, et dont nous détaillons la date de sortie prévue, ainsi que le TH07. Aucune de ces pistes n’est encore disponible : d’ici là, les traitements validés restent la meilleure option.
En attendant l’arrivée de nouveaux traitements, mieux vaut savoir où en est votre calvitie et quelles solutions sont efficaces dès maintenant. Notre diagnostic capillaire gratuit vous aide à faire le point en quelques minutes, sans engagement.
Cet article est rédigé à visée informative, à partir des communications du fabricant et de sources médicales publiques disponibles en octobre 2026. Breezula n’est pas un médicament autorisé : il ne constitue pas un conseil médical. Consultez un médecin ou un dermatologue avant tout traitement.

